Vous avez peut-être déjà entendu parler du projet « Product Red » médiatisé par Bono, le chanteur du groupe U2. L’idée est de proposer à des entreprises de développer une ligne de produits rouges portant un logo spécifique, un pourcentage des ventes étant reversé à des fonds de lutte contre le SIDA, la tuberculose et la malaria. De nombreuses grandes entreprises telles que Apple, American Express, Converse, Motorola, Gap et même Giorgio Armani se sont déjà jetées sur le concept.
L'idée de créer des nouveaux financements pouvant aider des millions de malades est excellente, cependant nous ne pouvons pas ignorer le fait que certaines entreprises vont user de ce moyen pour atteindre des objectifs bien différents. Étonnamment, la plupart des grandes marques qui ont adopté cette campagne sont celles qui ont été le plus critiquées pour leur pratiques. Gap continue par exemple d’être cité régulièrement dans des affaires de sweatshops en Asie et Apple a été récemment accusé d’esclavagisme dans ses usines de fabrication d’'I-Pod en Chine.
Ces entreprises s’achètent donc ainsi une bonne image qui est très loin de leurs réelles intentions et de leurs pratiques habituelles. La croissance du marché de la consommation éthique attire de plus en plus de grandes entreprises qui veulent avoir leur part du gâteau sans pour autant changer quoique ce soit à leur manière (juteuse) de fonctionner…A nous de savoir faire la différence !
Depuis quelques semaines la télévision et les journaux nous parlent beaucoup des problèmes environnementaux auxquels nous allons être confrontés aux alentours de 2050: une terre plus chaude et l'extinction de certaines espèces. Par exemple, la plus récente étude parue dans la très sérieuse revue « Science » révèle déjà un épuisement des ressources marines, principalement à cause de la surpêche, de la pollution et du réchauffement climatique. Une analyse récente du WWF révèle de son côté que la santé de notre planète s'est dégradée d'environ 30% depuis le 1970. Toutes ces choses peuvent ressembler à un scénario catastrophe, mais c'est bien la réalité qui nous attend. Est-ce que le monde prend fin ? Non, pas encore, mais la vérité est que les humains ne connaissent pas la valeur du mot gratitude. Nous n'avons qu'une terre mais nous continuons d'ignorer son importance. Si nous persistons dans cette voie ce sera bel et bien la fin du monde tel que nous le connaissons...
Avez-vous déjà imaginé que les poulets qui finissent dans nos assiettes puissent également nous fournir un tissu pour des vêtements écologiques ? Un laboratoire de l’université Lincoln du Nebraska a réussi à mettre au point un procédé pour fabriquer des fibres ressemblant à de la laine à partir d’un mélange de plumes de poulets et de paille de riz.
Le professeur Yiqi Yang, en charge de ces recherches, est parti du constat que 50% du textile actuel est produit à partir de dérivés du pétrole alors qu’une part importante des déchets agricoles, dont les plumes de poulets, sont composés de kératine qui peut fournir une source intéressante de fibres. Cette alternative permettrait de réduire l’impact environnemental de l’industrie textile qui reste l’une des plus polluantes.
Les tissus alternatifs ne se limitent pas au déjà très populaire coton bio et les alternatives sont nombreuses : bambou, chanvre, ananas, paille de riz, Ingéo…ou déchets agricoles comme les plumes de poulet. A notre tour de les insérer dans nos collections : Soyons créatifs !
Voici la collection printemps été 2007 de Hussein Chalayan, un créateur "magicien" qui nous entraîne dans un monde où la technologie se met au service du beau. Un défile non conventionnel et expérimental.
Il y a un proverbe français qui dit « le mort n’a point d’ami, le malade n’en a qu’un demi ». Aux Philippines, il y a au moins un jour où tous les morts voient leur famille et amis : la fête de « Todos Los Santos », c'est-à-dire la fête de la toussaint.
La toussaint est une grande fête aux Philippines que personne ne manque. Le 1er Novembre tous les Philippins se retrouvent dans les cimetières pour se remémorer leurs proches qui les ont quittés. Dès le lever du soleil, on voit dans le pays entier des queues de gens qui convergent vers les cimetières pour un pique-nique et une après-midi sur les tombes de leurs proches. Prières, fleurs et bougies envahissent les cimetières dans une ambiance de fête ; la journée est passée à déjeuner, échanger des histoires ou jouer à des jeux de société dans une ambiance très gaie.
Les cimetières Philippins sont immenses et ressemblent à un véritable labyrinthe où les petites ruelles serpentent entre les tours formées par les empilements de tombeaux : Le prix des emplacements a suivi l’inflation immobilière et plusieurs familles sont souvent obligées de partager le même emplacement, ce qui finit par former une tour de tombes qui s’empilent au dessus du sol. D’ailleurs on les appelle même les « immeubles » des morts. Certaines familles pour qui même ce système est trop cher louent un emplacement seulement pour un certain nombre d’années, le corps doit alors être exhumé à la fin du contrat et se trouver un nouvel emplacement. D’autres squattent des emplacements déjà occupés en ajoutant leurs tombes par-dessus. A l’inverse, ceux qui ont de l’argent équipent leurs tombes avec tout le confort (climatisation, WC, Télévision …) pour pouvoir passer chaque année une fête des morts agréable.
La toussaint est aussi un jour de bonnes affaires pour les trois commerces d’un cimetière : la vente d’eau, les WC payants, et la récupération des gouttes de bougies qui sont revendues 50 centimes d’euro le kilo pour fabriquer de nouvelles bougies.
A la fin de la journée les cimetières se vident et retrouvent enfin leur calme…pour une année.
La troisième édition de l'Ethical Fashion Show qui a eu lieu à Paris du 13 au 16 octobre a été un franc succès par le nombre et la diversité des exposants. Plus de 20 nationalités représentées et des marques toutes engagées dans un but commun : la promotion du commerce équitable et de l'environnement au sein de la mode. J'ai été très impressionnée par le travail de certains stylistes et leur manière d'allier mode, écologie et commerce équitable. Au niveau du style, j'ai eu un coup de cœur pour la collection Haute Couture en provenance de Mongolie et le fabuleux travail de Rainier Wolter pour le concours Umbrella Inside Out (fabrication d'un robe à partir de parapluies recyclés).
La mise en scène du défilé streetwear auquel nous avons participé était aussi très impressionnante avec des danseurs et un mannequin en roller (qui d'ailleurs portait un modèle Capalongas de la collection de l'été prochain!). Malgré l'affluence, j'ai quand même réussi à m'échapper de mon stand pour aller voir les autres exposants aux différents étages (le tapis rouge ou était organise l'évènement est un ancien « grand magasin ») et rencontrer d'autres créateurs tels que Numanu (lauréat du prix Ethical Fashion Show), Grace Trance (une créatrice Americano-Philippine qui travaille avec des tissus écologiques) et bien d'autres. Ça a aussi été l'occasion de revoir tous nos amis et collègues du monde de la Mode Equitable : Alexandra (Altheane), Jérôme (Tudo Bom), Rachel (Ideo), Naskigo et de rencontrer ceux que nous ne connaissions pas encore comme Seyes, Ethos et les autres.
Le seul point que je trouve un peu dommage était l'organisation suivant les différents étages : le premier étage était réservé à la haute couture, le second au prêt-à-porter, sacs et accessoires et le dernier au streetwear. Je me demande d'ailleurs toujours ce que faisait le stand d'Altheane, qui fait de la lingerie de nuit, au milieu de l'espace streetwear ! Pour notre part nous étions au dernier étage ce qui n'était pas très bon pour l'affluence : les visiteurs devaient monter à pied et beaucoup étaient épuisés avant de nous atteindre. Résultat : moins de gens, moins d'action. De même j'ai été un peu déçue par l'audience des tables rondes (j'ai participé à celle sur la création de filières), les sujets trop sérieux attirent sans doute moins les foules !
Le bilan est quand même très positif : beaucoup de rencontres avec beaucoup de gens très intéressants et la sensation qu'il y a vraiment énormément d'énergies qui se rencontrent pour changer les choses. Au vu du nombre de personnes que nous avons rencontré qui avaient pour projet de monter une boutique de commerce équitable ou de créer leur marque, on peut vraiment commencer à envisager que la mode éthique devienne une véritable tendance à long terme et non un simple phénomène de mode : à nous de relever le défi !
Après l'affaire des Top Modèles espagnoles interdites de défilé car trop maigres, voiçi une vidéo contre la beauté artificielle des magazines. Vas-t-on vers une prise de conscience des travers engendrés par l'industrie de la mode?