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Ecrit par Hilda
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19-05-2006 |
Après trois jours de ravages dans la région de Luzon, l’ouragan Caloy a quitté les Philippines et la vie peut enfin reprendre un cours plus normal. Nous avons finalement pu aller chercher notre stock de tissu qui était bloqué à cause des inondations. Nous sommes partis très tôt le matin pour éviter les embouteillages légendaires de Manille. J’habite hors des Philippines depuis plus de cinq ans et je suis toujours excitée à l’idée de pouvoir passer un peu de temps dans le centre de Manille. C’est une ville qui a une saveur très particulière pour moi : Les Jeepneys, les vendeurs ambulants de cigarettes, les petites échoppes de nourriture…
Cela m’a un peu déprimée car j’ai eu l’impression que le nombre de mendiants et d’enfants des rues a encore augmenté depuis ma dernière visite. C’est un vrai sentiment d’impuissance que de savoir que les quelques sous que l’on peut leur donner ne sont qu’un réconfort très passager. J’en ai parlé avec Christie, notre coordinatrice, et nous avons décidé que cette année nous essaierons d’organiser un Noël dans l’un des orphelinats pour les enfants des rues, comme j’avais l’habitude de le faire lorsque j’étais étudiante.
En approchant du quartier de Divisoria, nous avons traversé de nombreuses zones de bidonvilles avec leurs fils électriques emmêlés comme des spaghettis puis nous sommes arrivés au marché. Divisoria est le plus grand marché de Manille et on peut y trouver à peu près n’importe quoi et à des prix très bas. Nous nous sommes promenés pendant deux heures puis nous sommes allés à notre rendez-vous avec notre fournisseur Lorna Manalo pour récupérer notre tissu.
Lorna a transformé sa maison en entrepôt et a créé son entreprise de revente de tissus.
Nous avons discuté avec elle et elle nous a raconté son histoire : elle a commencé comme couturière dans une grande usine textile puis la chance lui a permis de devenir agent commercial pour un revendeur de tissus et enfin de monter sa propre petite entreprise. Son travail consiste à racheter les excès de tissus des grandes usines et à les revendre à de petits ateliers de couture. Elle a encore beaucoup de mal à survivre face aux grandes entreprises mais elle aime beaucoup son travail. Nous avons aussi pu discuter avec ses employés : la plupart d’entre eux viennent de la province et nous ont dit qu’ils aimaient beaucoup travailler pour elle. Eric, l’un d’eux, nous a raconté que dans son ancien travail de manutentionnaire dans un supermarché, il arrivait que son employeur l’enferme à clef dans son logement en dehors des heures de travail. Aux Philippines, beaucoup de gens quittent la province pour Manille en espérant y trouver une vie meilleure, ils sont une proie facile pour les employeurs qui les exploitent.
Après de longue discussions, nous nous sommes mis au travail : nous avons chargé le tissu dans le van que nous avions loué puis nous sommes repartis pour l’atelier vers 7 heures du soir. Ce fut une longue journée mais très excitante: encore quelques choses à mettre en place et nous allons pouvoir commencer la production…
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Ecrit par Jean-Emmanuel
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18-05-2006 |
Samedi nous étions au Marché Equitable qui s’est tenu au cours Julien à Marseille. Nous avons pu pour la première fois présenter notre projet et nos produits au « public » et les retours ont été excellents… Ça a aussi été l’occasion de revoir les acteurs du Commerce Equitable en PACA qui nous ont soutenus à différentes étapes de notre projet. Un seul regret : ne pas avoir eu plus de prototypes à montrer et surtout des modèles à vendre !
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Ecrit par Hilda
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16-05-2006 |
Vendredi dernier il y a eu un ouragan aux Philippines. Cela faisait plus de cinq ans que je n’en avais pas subi un comme ça. Dès le matin les informations ont sonné l’alerte, des risques d’inondation étaient attendus à Samar, Sorsogon , Albay et Cavite (où habite ma famille). Autrefois nous avions pour coutume de leur donner des noms de femmes en raison de leur humeur changeante qui serait soi-disant un caractère typiquement féminin :) Mais depuis la montée du féminisme cette habitude a disparu! Caloy (le nom de cet ouragan) a causé des dégâts importants et la mort d’une trentaine de personne. La saison des ouragans ne fait que commencer, en moyenne nous en subissons de dix à vingt par an : les îles tropicales ne sont pas toujours aussi paradisiaques que sur les cartes postales…
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Ecrit par Hilda
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14-05-2006 |

La semaine dernière les cinq couturières, Mary, Natividad, Yolanda, Celia et Virgilia, Christie, notre coordinatrice aux Philippines, et moi-même nous sommes réunis à la maison de José Oriza, notre chef d’atelier, pour préparer le démarrage de la production. Pour souder l’équipe nous avons commencé par raconter chacun notre expérience et notre motivation pour ce projet.
Chacune des couturières a raconté son expérience de travail dans les usines textiles. La plupart d’entre elles ont travaillé plus de dix ans dans ce secteur avec des salaires si bas qu’elles étaient obligées de dormir en semaine dans l’usine pour économiser sur leurs frais de transport. Par la suite, l’industrie textile Philippine a connu une grave crise et presque toutes ont perdu leur travail lorsque les usines ont fermé. Le taux de chômage des couturières aux Philippines est maintenant très élevé et il leur est impossible de retrouver un travail même dans des sweat-shops.
Elles sont toutes très excitées par ce projet car cela va leur permettre d’avoir une rémunération à la mesure de leur savoir-faire tout en restant auprès de leur famille. J’ai été particulièrement touchée par la couturière qui sera en charge des boutonnières : elle est mère de trois enfants qui commencent à grandir et elle a besoin d’une source de revenus supplémentaires pour les élever et leur faire faire des études… ça m’a rappelé mon enfance avec mes deux sœurs…
José a ensuite expliqué les détails techniques de chaque modèle et a programmé une séance d’entraînement sur des chutes de tissus. Christie a ensuite expliqué l’organisation et les règles de fonctionnement de l’atelier.
J’ai conclu la réunion par une nouvelle explication du concept de commerce équitable qui reste une notion difficilement compréhensible dans une société comme la notre ou travail rime rarement avec conditions de vie décentes.
Toutes les couturières ont participé à la réunion avec beaucoup d’attention et ça m’a fait vraiment plaisir de voir leur enthousiasme et leur impatience à démarrer. Quand nous nous sommes séparées, je suis repartie regonflée a bloc par leur énergie et leur excitation ….
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Ecrit par Hilda
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06-05-2006 |
Ça y est, je suis de retour aux Philippines pour quelques mois afin de finaliser l’organisation de l’atelier et de produire notre première collection (et d’autres choses encore…).
Le voyage a été un peu dur comme d’habitude : réveil à 3h du matin, 14 heures de vol et quelques heures de transit à Amsterdam, ajoutez à ça ma peur de l’avion et vous imaginez l’épreuve que j’ai du endurer. Heureusement, 90% des passagers étant Philippins, je me suis sentie un peu chez moi dès la montée dans l’avion.

A l’arrivée toute ma (nombreuse) famille était là pour m’accueillir comme c’est la coutume aux Philippines (si bien que l’entrée dans l’aire d’arrivée des aéroports est payante pour éviter l’encombrement !). Mes sœurs avaient loué une « jeepney » (sorte de mélange entre une jeep et un bus comme sur la photo ci-dessous) pour pouvoir transporter tout le monde.

Le lendemain matin, j’ai pu avoir le petit déjeuner de rêve pour tout Philippin : Du poisson séché avec des tomates fraîches, du riz frit, un chocolat chaud et des tonnes de
mangues et de bananes. Après ça, je me suis mise tout de suite au travail avec une réunion avec les coutrières de l’atelier. Après la traditionnelle distribution de petits cadeaux ramenés de France nous avons eu une longue discussion sur les problèmes à résoudre et les espoirs de chacun. Nous nous sommes donné chacun une tache à faire pour la semaine prochaine pour préparer la mise en route de la production. Nous avons fini vers 6h du soir et nous avons enchaîné sur la décoration pour la fête d’anniversaire de la fille de ma cousine (qui est aussi la coordinatrice du projet aux Philippines) où tout le voisinage est invité…
Les semaines qui viennent promettent d’être très chargées mais je vais essayer de donner des nouvelles de l’avancement régulièrement.
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Ecrit par Jean-Emmanuel
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04-05-2006 |
Nous poursuivons notre chemin dans la création de Capalongas : après une mission de 4 mois aux Philippines l’année dernière au cours de laquelle nous avons pu monter un embryon d’atelier dans les quartiers défavorisés de la banlieue de Manille et créer les prototypes qui constituent notre première collection « Automne-Hiver 2006-2007 », nous avons consacré le premier trimestre de cette année à rencontrer des acteurs du commerce équitable, rechercher des points de vente et entrer en couveuse d’entreprise. Nous avons réussi à être référencés par plusieurs boutiques a Paris, en Rhône-Alpes et en PACA (nous donnerons la liste définitive lors du lancement de la collection en Septembre) et notre première collection sera donc disponible en magasin en Septembre.
Hilda est partie aux Philippines la semaine dernière pour finaliser la création de l’atelier, lui donner un statut juridique et lancer la première production. Enfin, last but not least, nous avons quasiment finalisés les dessins de la collection Printemps-Ete 2007 dont les prototypes seront réalisés cet été par Joe Oriza, notre chef d’atelier.
Ouf … on avance, non sans difficulté, mais avec courage et optimisme !
Des nouvelles du terrain (et sans doutes des photos…) de la part d’Hilda sur le blog dans les jours qui viennent…
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Ecrit par Jean-Emmanuel
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16-03-2006 |
J’ai toujours été un peu sceptique sur la démarche qui consiste à mêler commerce équitable, grandes entreprises et grandes surfaces. D’une part, ce type de réseau de distribution ajoute des intermédiaires et l’on perd ainsi non seulement le gain lié au raccourcissement de la chaine de distribution mais surtout l’idée de proximité qui est, à mon sens, centrale dans le commerce équitable. D’autre part, on prend le risque d’une instrumentalisation de la démarche du commerce équitable au profit du marketing des grandes enseignes: celles-ci ne se contentent d’acheter qu’une partie de leurs produits à un tarif équitable le reste étant acheté au prix du marché. Elles bénéficient ainsi d’une bonne image sans pour autant s’impliquer véritablement dans la démarche du commerce équitable.
Il y a désormais une nouvelle objection : la coopérative COSURCA qui fournit du café certifié FLO à des distributeurs « équitables » se plaint de ne pas avoir été payée. Le problème est expliqué en détails sur le site d’Andines qui travaille avec cette même coopérative.
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Ecrit par Hilda
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16-03-2006 |
Cette semaine j’ai été invitée à assister à Marseille à un séminaire sur la mode et le développement Durable organisé par le « Pôle National de Ressources Design de Mode » de Marseille et « Design global » de Saint Etienne. Le séminaire a duré trois jours et avait pour but de montrer les enjeux du développement durable appliqué au monde de la mode. Ça a été très intéressant, en particulier grâce à la variété des intervenants qui ont chacun apporté leur vue dans leur domaine : Il y avait des intervenant issus du monde du commerce équitable tels que Isabelle Quéhé, fondatrice de l’Ethical Fashion Show, Sakina M’sa, styliste comorienne, Hervé Guetin de Seyes, Alexandra Coiffe d’Althéane (dont l’atelier aux Philippines nous a beaucoup aidé dans la mise en place de notre projet) ou Hélène Sarfati-Leduc de Yamana mais aussi des personnes impliquées dans le design écologique, des intervenant de grosses entreprises tels que Monoprix et des intervenants issus du monde de la mode.
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Ecrit par Hilda
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11-03-2006 |
Hier, alors que je me promenais dans les rues commerçantes d’Aix,en attendant que mes photos soient développées, j’ai eu la surprise de découvrir qu’une boutique d’une des marques préférées des ados (vendant des vêtements à des prix défiant toute concurrence…) proposait des articles en coton biologique. Il semble que de plus en plus de grosses marques de prêt-à-porter se mettent à avoir quelques articles en coton bio.
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Ecrit par Hilda
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01-03-2006 |
Pas de nouvelle note dans le Blog la semaine dernière car nous étions à Paris pour rencontrer des boutiques et acteurs du Commerce Equitable. Malgré le froid, Paris a toujours autant de charme et même si nous avions un programme très chargé la semaine a été agréable. Nous avons réussit à rencontrer quasiment tous les gens que nous voulions et cela a été vraiment enrichissant.
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