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Sur la route du tissu Convertir en PDF Version imprimable E-mail
Après trois jours de ravages dans la région de Luzon, l’ouragan Caloy a quitté les Philippines et la vie peut enfin reprendre un cours plus normal. Nous avons finalement pu aller chercher notre stock de tissu qui était bloqué à cause des inondations. Nous sommes partis très tôt le matin pour éviter les embouteillages légendaires de Manille. J’habite hors des Philippines depuis plus de cinq ans et je suis toujours excitée à l’idée de pouvoir passer un peu de temps dans le centre de Manille. C’est une ville qui a une saveur très particulière pour moi : Les Jeepneys, les vendeurs ambulants de cigarettes, les petites échoppes de nourriture…
Cela m’a un peu déprimée car j’ai eu l’impression que le nombre de mendiants et d’enfants des rues a encore augmenté depuis ma dernière visite. C’est un vrai sentiment d’impuissance que de savoir que les quelques sous que l’on peut leur donner ne sont qu’un réconfort très passager. J’en ai parlé avec Christie, notre coordinatrice, et nous avons décidé que cette année nous essaierons d’organiser un Noël dans l’un des orphelinats pour les enfants des rues, comme j’avais l’habitude de le faire lorsque j’étais étudiante.

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En approchant du quartier de Divisoria, nous avons traversé de nombreuses zones de bidonvilles avec leurs fils électriques emmêlés comme des spaghettis puis nous sommes arrivés au marché. Divisoria est le plus grand marché de Manille et on peut y trouver à peu près n’importe quoi et à des prix très bas. Nous nous sommes promenés pendant deux heures puis nous sommes allés à notre rendez-vous avec notre fournisseur Lorna Manalo pour récupérer notre tissu.
Lorna a transformé sa maison en entrepôt et a créé son entreprise de revente de tissus. Nous avons discuté avec elle et elle nous a raconté son histoire : elle a commencé comme couturière dans une grande usine textile puis la chance lui a permis de devenir agent commercial pour un revendeur de tissus et enfin de monter sa propre petite entreprise. Son travail consiste à racheter les excès de tissus des grandes usines et à les revendre à de petits ateliers de couture. Elle a encore beaucoup de mal à survivre face aux grandes entreprises mais elle aime beaucoup son travail. Nous avons aussi pu discuter avec ses employés : la plupart d’entre eux viennent de la province et nous ont dit qu’ils aimaient beaucoup travailler pour elle. Eric, l’un d’eux, nous a raconté que dans son ancien travail de manutentionnaire dans un supermarché, il arrivait que son employeur l’enferme à clef dans son logement en dehors des heures de travail. Aux Philippines, beaucoup de gens quittent la province pour Manille en espérant y trouver une vie meilleure, ils sont une proie facile pour les employeurs qui les exploitent.

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Après de longue discussions, nous nous sommes mis au travail : nous avons chargé le tissu dans le van que nous avions loué puis nous sommes repartis pour l’atelier vers 7 heures du soir. Ce fut une longue journée mais très excitante: encore quelques choses à mettre en place et nous allons pouvoir commencer la production…

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